Rotor vzw-asbl

Reclaimed building materials study

Ce rapport vise à explorer une série de pistes en vue de la mise en place d'une filière de réemploi des matériaux de construction qui fonctionnerait selon les principes de l'économie sociale. Le rapport veut en premier lieu indiquer qu'il existe une multitude de scénarios possibles, mais aussi montrer qu’il existe un bon nombre de fausses bonnes pistes qui semblent attrayantes de premier abord, mais s'avéreront économiquement irréalistes en pratique. Les exemples de toute une série d'initiatives à l'étranger démontrent que le bon sens social et écologique ne sont pas les seuls composants d'un projet d'économie sociale viable.

Le désir de mettre en place une filière de réemploi des matériaux de construction naît d'un constat simple: les activités liées à la construction sont en Belgique les plus grands consommateurs de matériaux. Chaque année, ce secteur génère une quantité énorme de déchets, près d'un tiers de tous les déchets produits. L'élimination de ces déchets pose problème, en premier lieu pour le secteur lui- même, qui a vu ces dernières années une forte croissance des tarifs tant pour la mise en décharge que pour l'incinération. Pendant des décennies, pourtant, l'incinérateur et la décharge avaient été les destinations privilégiées de tout déchets de construction et de démolition. La grande quantité de déchets du secteur de la construction pose évidemment aussi la question de la raréfaction des matières premières dont certaines sont non renouvelables (tous les matériaux à base d'hydrocarbures, les métaux, les pierres naturelles, ...). Les pratiques de recyclage de matériaux de construction pour lesquelles la Belgique a bonne réputation, ne constituent qu'une réponse partielle à ce problème. Le recyclage implique en effet un retraitement des matériaux (nettoyage, concassage, tamisage, refonte, etc.) qui souvent nécessite un apport considérable de ressources comme l'eau et l’énergie, augmentant l'impact écologique du matériaux (pollution de l'air et de l'eau, émissions de CO2, etc.).

En outre, le recyclage implique, dans la quasi majorité des cas, une érosion des propriétés intrinsèques des matériaux (une perte des propriétés mécaniques ou chimiques qui font la force du matériau de construction). Le béton concassé par exemple, ne pourra plus que très difficilement être réutilisé comme agrégat pour la préparation de béton neuf. Dans la plupart des cas, il se verra réduit à des fonctions de remblais inerte. C'est la raison pour laquelle, en anglais, on parle souvent de 'downcycling' plutôt que de 'recycling'. Le même raisonnement peut être suivi pour le bois, les plastiques, les verres et les métaux recyclés. C'est pour cela que, avant de recourir au recyclage comme stratégie de gestion des déchets, il convient d'envisager la réutilisation des matériaux en tant que tels. Une réutilisation se distingue d'un recyclage dans la mesure ou le traitement du matériau ou de l'élément se limite à un nettoyage, une remise en état de marche, une mise sur mesure, etc. sans que les propriétés intrinsèques des matériaux ne soient modifiées.

Carried out by Maarten Gielen, Michael Ghyoot, and Lionel Devlieger for Rotor, in partnership with Ressources (Etienne Daloze) and financed by the federal cabinet of Minister Arena and IBGE.

With help of Alice Versieux, Shelbatra Jashari, Tristan Boniver and Bernadette Denuit.






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